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Casanova Variations

Quand une cantatrice costumée en infirmière administre des électrochocs à Casanova pour le réanimer, façon commedia dell’arte, le spectateur comprend que le film s’autorisera toutes les libertés et tous les mélanges de genres. Michael Sturminger, connu pour ses nombreuses mises en scène et productions d’œuvres lyriques, se lance un défi en s’attaquant à une énième adaptation de la vie de Casanova. D’autant plus qu’il le fait par le biais d’un dispositif audacieux, périlleux même, où s’entrecroisent et se répondent l’opéra, le théâtre et leurs coulisses (frôlant alors parfois le documentaire), en un dispositif de mise en abyme constante, qui peut d’abord déconcerter, mais confère à la figure ainsi créée une richesse et une complexité saisissantes. Les acteurs se mêlent donc aux chanteurs, ensemble ou alternativement – sur la divine musique de Mozart -, et le spectateur participe avec délices à l’action dramaturgique depuis les coulisses, tout en la suivant avec le public présent ce soir-là, à Lisbonne. Imperceptiblement plongé au XVIIIe siècle dans un château de Bohême, il assiste au duel verbal non chanté entre Elisa et Giacomo, deux idéalistes désillusionnés qui se repoussent avant de s’apprivoiser. Le vieux libertin lit ou fait lire à Elisa le récit avantageux de ses conquêtes contenu dans ses Mémoires, ce qui donne lieu à de sublimes illustrations chantées, empruntées davantage aux Noces de Figaro qu’à Don Giovanni. Quant à Malkovich, mi-Valmont, mi-Casanova, il est époustouflant de naturel quand il affirme devant la caméra : “Je suis signore Giacomo Casanova !” _M.T.