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Carnets De Voyage

L’aspect « World cinema » est la limite de ce film, fait par un Brésilien à propos d’un Argentin joué par un Mexicain, et produit par des Américains, dont Robert Redford. On ne s’en plaint pas car le réalisateur est un authentique artiste, inspiré, subtil, sensible, sincère, sachant raconter une histoire avec limpidité, rythme, humour, et surtout sens. Son film n’est jamais gratuit et il restitue bien la problématique de l’Amérique latine des années 50. Cette prise de conscience politique individuelle correspond en effet à l’émergence du marxisme sur tout ce continent. Les auteurs ont choisi de reconstituer certains épisodes d’un voyage réellement effectué par Guevara à l’âge de 23 ans. L’icône du Che naît donc sous nos yeux.. Bien que n’arrêtant pas d’émettre l’interjection « che ! », comme tout bon Argentin, Ernesto Guevara est déjà asthmatique mais n’est pas encore le Che (il rencontrera Fidel Castro trois ans plus tard), ce qui permet à Salles de faire une hagiographie du révolutionnaire sans déroger au politiquement correct. Le Che se cherche encore et est encore vierge de toute responsabilité. Sous ce schéma convenu, Salles a réussi à rester authentique et son film est constamment beau. Gael García Bernal est épatant et dresse une statue christique et complexe du Che, en lui donnant une spontanéité crédible, même quand il est transformé en Mère Teresa des léproseries amazoniennes ! Quant à Rodrigo De La Serna, petit cousin du Che, il est lui aussi excellent..M.B.