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Carandiru

Le centre de détention du Carandiru a, hélas, existé, et les événements barbares relatés dans le film sont véridiques. Le parti pris de mise en scène de H. Babenco, ampoulé, trop classique, où tout semble si factice, est donc assez surprenant. Pourtant, familier de l’univers carcéral, au centre de quatre de ses films (PIXOTE, LE BAISER DE LA FEMME ARAIGNEE…), Babenco avait toute légitimité pour adapter à l’écran le livre du médecin Dráuzio Varella. On pouvait donc attendre plus d’originalité, ou, au moins, plus d’agilité. Mais, ici, tout est empesé, à commencer par le jeu des comédiens, issus, pour la plupart, des novelas de la TV Globo, dont ils n’oublient pas les tics ni le côté figé. Babenco pêche aujourd’hui, là où il avait brillé : la direction d’acteurs (W. Hurt, prix d’interprétation à Cannes, puis Oscar pour LE BAISER…, J. Nicholson et M. Streep nominés aux Oscars pour IRONWEED). Et, au final, la construction du récit en flashes-back successifs, introduits par un lassant « bonjour docteur, je vais vous raconter mon histoire » affaiblit la portée des témoignages. Cependant, Babenco a tout de même su rendre son humanité à chaque criminel. En replaçant les destins dans leur contexte, quand il prend le temps de soigner le détail, la vérité pittoresque, il permet de saisir toute la mesure du drame final. C’était sans doute là son ambition première. Les chiffres parlent enfin : derrière ces 111 morts, on peut identifier 111 familles meurtries, 111 vies gâchées, 111 victimes de l’ignorance policière.I.B.