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Café Lumière

Hou Hsiao-hsien, principal chef de file de la nouvelle vague taïwanaise, revient avec un film de commande, en hommage à Ozu. Pour ce, le cinéaste a délaissé son île pour tourner à Tokyo sur la base d’un scénario épuré à l’extrême. À tel point qu’il est presque difficile de parler ici de fiction, tant son film colle de près à une certaine réalité, prise sous l’angle individuel (mais non moins représentatif d’une certaine génération féminine) d’une jeune journaliste vivant seule à Tokyo. Un cinéma à hauteur de vie, qui se place d’égal à égal avec le réel, dans une temporalité qui s’offre à l’identique, semblant ne rien vouloir ajouter ni retrancher. Rien que la vie au quotidien, aplatie sous le regard d’une caméra toujours soucieuse d’une mise en scène discrète et posée, mais sans risque, trop polie peut-être. Tous les éléments qui pourraient faire histoire sont volontairement inexploités d’un point de vue dramatique, laissés à l’état d’interrogations, de silence, comme dans la vie. Le cinéma d’HHH reste ouvert à la complexité du réel et des relations sans imposer de solutions. Il exige ainsi du spectateur une participation active, à défaut de laquelle celui-ci risque de plonger dans un pesant ennui. On se demande d’ailleurs s’il ne nous en demande pas trop… Car, à force de croisements de regards, d’humeurs, de trajectoires, de « no comment », chaque personnage reste dans une solitude insondable. Si bien que nous, spectateurs, finissons aussi par nous sentir seuls, à l’écart même, dans l’attente d’un échange un peu plus consistant.M.P.