Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Cadences Obstinées

Après Cendres et sang en 2009, Fanny Ardant nous livre ici sa lecture de la passion amoureuse. Or, n’est pas Truffaut qui veut. Cette œuvre, clairement placée sous l’égide de ce dernier – lui qui fut pour l’actrice à la fois mentor et compagnon – n’a que peu de choses à voir avec l’exigeante et sobre construction de La Femme d’à côté. Pour rendre la fébrilité, le désarroi puis la dévastation de qui aime encore mais n’est plus aimé, il eut fallu une grande rigueur structurelle, stylistique, narrative, doublée d’une économie de moyens, toutes choses faisant ici défaut, la sophistication s’élaborant aux dépens de la narration. Asia Argento, œil charbonneux et mise élégante, en double de Fanny Ardant de toute évidence, ne ménage pourtant ni ses regards appuyés, ni ses emportements, ni ses renoncements. La magie n’opère jamais néanmoins, l’ennui prend doucement le pouvoir, l’ensemble s’avérant vainement maniéré, jusqu’au titre du film, inutilement pompeux. Dépourvues d’intentions véritables, ces Cadences obstinées, qui sont à la fois celles du cœur amoureux et de l’archet lumineux, du chantier à finir et de la vie à vivre, ne nous emportent nulle part. L’image, purement esthétisante, d’une femme jouant du violoncelle dans le huis clos délabré de cet hôtel ou marchant seule, juchée sur de vertigineux talons et toute vêtue de transparence, se montre impuissante à nourrir l’intérêt. Mieux exploitée enfin, mieux tenue, l’idée de cet hôtel en chantier, dont la mafia locale couvre les nombreuses irrégularités, aurait pu insuffler la tension authentique qui partout ici fait défaut. Au final, seuls le désintérêt et la vacuité l’emportent. Hélas. _N.Z.