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Buongiorno, Notte

Ce qui frappe avant tout dans BUONGIORNO, NOTTE, c’est l’impressionnante maturité artistique et intellectuelle qu’il traduit. Comment croire en effet que le cinéaste qui signe cette réflexion fluide et limpide puisse être le même que celui des élucubrations torturées et tortueuses du DIABLE AU CORPS ou de LA SORCIÈRE ? Et pourtant… Bellocchio avait déjà surpris avec la fantaisie et l’humour de son œuvre précédente, LE SOURIRE DE MA MÈRE. Cette fois, il nous sidère avec un film qui, sous des airs très humbles, brille de mille feux : virtuosité de la réalisation et de la construction, liberté de l’inspiration, intelligence du propos. Pour cette évocation de l’enlèvement d’Aldo Moro, Bellocchio part sur la base d’une reconstitution classique. Puis, progressivement, la fiction se fraie un passage. L’émotion aussi. Bientôt le film évolue sur plusieurs plateaux, plusieurs niveaux de réalité et de perception, cohabitant en totale harmonie. Et de cette représentation un peu cubiste, émerge alors le véritable enjeu du film : ne pas reparler de tout ça « pour mémoire », mais pour aujourd’hui. En mettant en perspective les grandes idéologies (fascisme, communisme, catholicisme), le film ne se contente pas de les renvoyer dos à dos : il les envisage comme la tentation humaine (et donc excusable) de vouloir situer la vérité à un endroit précis. Mais le film, par sa forme même, apporte une vibrante contre-proposition en démontrant la force qu’il y a à appréhender la réalité dans toute son épaisseur et sa complexité.N.M.