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Brasiers De La Colère

Chronique d’une petite ville autrefois prospère, sur fond de dépression et de guerre d’Irak, Les Brasiers de la colère ne manque pas de tempérament. Après s’être attaché, avec Crazy Heart, à dépeindre le monde de la country music, ses grandeurs et petites misères, Scott Cooper s’enracine dans l’Amérique profonde, mais acquis, cette fois-ci, à l’intention de témoigner des ravages de la crise. À l’image de la petite ville de Braddock – ancien poumon de la sidérurgie américaine qui, en début d’année, a fait l’objet d’un remarquable documentaire, Braddock America – où la vie s’organise autour de l’usine, de son horizon industriel délabré, sociotope auquel les réfractaires, à l’image de Rodney Jr., n’ont d’autre échappatoire que l’armée, dont ils reviennent aussi démolis que peut l’être leur environnement familier. Le monde que décrit Scott Cooper s’appuie sur les termes d’un contrat, celui de “l’American Way of Life”, en voie de s’effondrer : la chasse au gibier se mue peu à peu en chasse à l’homme, les structures du couple se décomposent (la jeune femme annonce en larmes à son ex-compagnon qu’elle est enceinte de son nouveau conjoint) tandis que, face à une criminalité redevenue sauvage, les forces de l’ordre, également dévitalisées, avouent leur impuissance à demi-mots. Tourné et monté avec ce rythme propre aux westerns et aux grands espaces, le film fait preuve d’une grande mélancolie, où affleurent, ici et là, des traits de désespoir sans équivoque. Il résulte de ces éléments une vision crépusculaire : celle de la fin d’une époque en somme, sans que la suivante, à laquelle les protagonistes ne sont absolument pas préparés, n’ait encore montré sa couleur. _R.H.