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Braconne

Presque essentiellement tourné dans la laideur d’une ZAC et de ses sinistres parkings, La Braconne, premier film de Samuel Rondière, décrit le business parallèle mis au point par de petits truands. Loin de vouloir nous plonger dans les mécanismes de ce système, le réalisateur semble plutôt s’intéresser à ces deux personnages qui, malgré leur différence générationnelle, vont faire équipe et composer un duo réussi, grâce à l’impeccable présence de Patrick Chesnais et Rachid Youcef. Dès la séquence d’ouverture, Patrick Chesnais est bouleversant, tandis que Rachid Youcef, avec son regard tout à la fois empreint de légèreté et de force, trouble profondément. Samuel Rondière, qui semble vouloir en finir avec les clichés du film de voyou, parsème son intrigue de petites touches d’humour dont Driss, le personnage destiné à enchaîner les gaffes, est le pathétique vecteur. Ce qui crée un amusant effet de décalage avec la gravité de leurs situations respectives et rend bien sympathiques, voire touchantes, les maladresses de ce curieux attelage. Ces deux solides piliers ne le sont pas assez, au demeurant, pour compenser les graves faiblesses de la construction du récit. De nombreuses péripéties se succèdent sans que l’on en comprenne réellement l’impact. À l’image de la scène de torture. Ou de la relation entre Driss et la jeune prostituée, à peine esquissée. Cette imprécision atteint son paroxysme au cours du dénouement : la mort de l’un et la fuite de l’autre laissent coi quant à la réelle portée du film. Comme si quelque chose nous filait entre les doigts. _D.C.