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Au Bout Du Monde À Gauche

Tous Juifs, mais Marocains ou Indiens, c’est pas pareil : « on n’aime pas les Juifs qui n’ont pas la même couleur », philosophe le père de Nicole. Le village d’AU BOUT DU MONDE À GAUCHE pourrait être n’importe où. C’est là la force ironique du film. Avi Nesher pointe du doigt l’universalité de l’intolérance et rend son propos humaniste d’autant plus étendu. Car les hommes dénichent toujours les différences qui les séparent, succombant aux plus ridicules préjugés (« la culture indienne est primitive : ils brûlent leurs morts ! »). Ce village serait un condensé du vaste monde, perdu dans ses campagnes autant que dans ses eldorados urbains. Il recèle des souffrances conduisant à un individualisme irresponsable et arrogant (« tu dois vite prendre ce qui te plaît avant que les autres ne se servent »). Mais A. Nesher introduit constamment une touche d’optimisme. L’égoïsme de chacun peut se dissiper car il relève d’une blessure à guérir. Tous souffrent d’être enfermés dans un rôle. Les mères sont frustrées, autoritaires et puritaines. Les pères sont dépassés, résignés et sages. Les filles sont rebelles, assoiffées de liberté, et paradoxalement gardiennes de valeurs conservatrices (le mariage sacré, la famille avant tout). Car en somme, « même le révolutionnaire doit suivre l’ordre moral ». On est un peu tristes quand même que le happy end laisse un drôle de goût de fausses joyeuses promesses, car la rébellion de la nouvelle génération n’ira pas bien loin si elle contraint la résignation de ses géniteurs…Ch.R.