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Bouboule

Autour de la figure de Kevin “Bouboule” Trichon, 12 ans, 101 kilos, le premier long métrage de Bruno Deville déploie la gamme d’une chronique à la psychologie limpide : seul garçon de la maison, surprotégé par une mère démunie qui le surnomme “Mon petit dindonneau”, Kevin cherche une voie qui lui serait propre et, faute d’une figure paternelle, s’en trouve une de substitution en la personne de Patrick, vigile borderline et mythomane. Mais le film joue dans le même temps une partition moins attendue, en composant un climat de déprime généralisée, que n’atténue en rien la lumière saturée, presque éblouissante (le récit se concentre sur quelques semaines d’été), qui nimbe certains extérieurs d’une patine surréaliste. Du côté de la petite Alice, les poignets bandés depuis sa dernière tentative de suicide, ça ne va pas très fort. Ça n’a pas l’air non plus d’être franchement la joie pour ses camarades en surpoids de l’aquagym, à qui la monitrice fait craindre une mort précoce (cette masse de graisse, leur explique-t-elle, pourrait avoir un jour raison de leur “cœur de mobylette”), ni pour le malsain Patrick, qui organise pour Kevin un simulacre d’opération commando, prenant pour cible un collégien noir qu’il désigne comme “l’homme de couleur”, et sur lequel il lâche son chien… Carence affective, déshérence sociale, racisme ordinaire : le film a beau ménager quelques apartés plus légers, s’achever sur une note positive, on n’en reste pas moins sur cette impression, tenace, de malaise. Ça ne fait pas nécessairement de Bouboule un très bon film mais, de toute évidence, un curieux objet. _T.F.