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Blue Ruin

Jeremy Saulnier, qui œuvre à la fois à la réalisation, au scénario et à la photographie de son film, témoigne d’un savoir-faire prometteur. En atteste un premier acte quasiment muet et très réussi, où l’on suit Dwight, marginal fantomatique et hirsute, qui habite l’épave d’une Pontiac, pénètre par effraction dans des maisons afin de s’y laver et fait ses repas de restes glanés dans les ordures. Saulnier ménage ses effets et déroule peu à peu son intrigue. Les premières scènes, nimbées de nuances de bleu, sont d’une certaine beauté. Le spectateur ne sait rien au début du récit, tandis que Dwight, lui, pense connaître l’assassin de son père, croyance qui s’avérera erronée. Hélas, après que Dwight a retrouvé sa sœur, le scénario quitte les eaux troubles. Dès la séquence d’assaut de la maison de Sam, on ne devine que trop bien le chemin que le film va emprunter, celui d’un cycle de vengeances et de représailles, et d’une inévitable course à la surenchère. Le film emprunte dès lors, à la suite de son personnage, une trajectoire plus balisée, que ne parviendront pas à faire dévier les membres de la bande adverse, pour laquelle on ne sera jamais porté à éprouver la moindre empathie, quand bien même Dwight aura assassiné l’un d’eux (Wade, qui, s’il n’était pas totalement innocent, n’en restait pas moins un faux coupable). Le clan Cleland se bornera donc à n’être qu’une famille de “bad guys”, rien de plus. Et c’est bien dommage. Affaibli par son scénario, Blue Ruin se cantonne à n’être qu’un film de genre somme toute classique, qui révèle un talent plutôt prometteur chez son réalisateur, mais n’en reste pas moins assez inabouti et décevant. _P-J.M.