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Blackout Total

À 51 ans, Steven Brill est passé maître dans le genre de la sous-comédie hollywoodienne. Pointent à son passif des contes lourdingues (Little Nicky), une production Apatow (Drillbit Taylor), et même le remake (massacre ?) regrettable d’un chef-d’œuvre de Franck Capra (Mister Deeds). Sa participation en tant qu’acteur à Sexe, mensonges et vidéo, où il joue un pilier de bar, n’aura pas été l’occasion d’en prendre de la graine côté subtilité. Aussi, cette comédie centrée sur une présentatrice télé perdue dans la ville, sans téléphone, argent, ni papiers, pourrait figurer comme sa réalisation la moins mauvaise (dans le genre sus-cité bien entendu). Inspiré, dit-il, par L’Odyssée d’Homère, Brill, qui en signe également le scénario, parsème d’embûches “l’odyssée” de sa blonde héroïne à travers Los Angeles downtown. Prostituées enragées, dealers bêtas, flics idiots, ado obsédé, rabbin pervers, employée bornée… les mauvaises rencontres se multiplient sur le chemin de la pauvre Meghan. Celle-ci – c’est l’atout du film – est campée par l’épatante Elizabeth Banks, dont la force comique relevait déjà le fade Ce qui vous attend si vous attendez un enfant. Échevelée, en minirobe jaune de plus en plus sale, elle porte cet After Hours au féminin. Mais n’est pas Martin Scorsese qui veut. Et ce Blackout aurait gagné à être vraiment total. Il manque ici le côté limite, dérangeant, une causticité qui donnaient profondeur et humour à l’épopée nocturne de Griffin Dunne. Hormis quelques répliques et situations bien senties, la virée diurne de Banks s’en tient, elle, aux ruelles proprettes et balisées de “l“entertainment” à l’américaine. _I.B.