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Black Coal

Présenté en compétition au dernier Festival de Berlin, Black Coal y a raflé l’Ours d’or. Une récompense tout à fait méritée par ce deuxième film de Diao Yinan, dont il est également le scénariste. Sans être aussi virtuose et tranchant que A Touch of Sin de Jia Zhang-ke, auquel il peut faire penser, Black Coal reste un remarquable thriller où se profile une vision de la Chine plutôt sombre, c’est un euphémisme. Brillamment construit, le film repose sur un dispositif narratif relativement élaboré, s’appuyant, entre autres, sur d’étonnantes ellipses, des cadres inattendus et d’épatantes trouvailles de mise en scène, à l’image – ce n’est qu’un exemple – d’une séquence de fusillade stupéfiante, placide et sanglante à la fois. À travers toute une galerie d’employés et d’ouvriers, de petits commerçants, de policiers de province et de malfrats hystérisés, Black Coal témoigne de la violence d’une société libérale, devenue folle elle aussi, sans jamais pour autant en faire son objectif, son beau souci de chaque instant. Loin du cinéma social, où les réalisateurs chinois se sont principalement illustrés jusqu’à présent, Black Coal, à la suite de A Touch of Sin, semble ouvrir la voie au cinéma de genre. Une façon d’éviter – on le tient de Vivian Qu, productrice du film, également réalisatrice cette année de Trap Street – la censure des autorités chinoises, sans éluder toutefois un propos politique sans ambages. Incursion d’autant plus louable dans le genre qu’elle se dispense de filer le train au style et au savoir-faire de l’industrie de Hong-Kong qui, soit dit au passage, ne semble plus produire que sa propre parodie. Tout cela suffit, quoi qu’on en pense – le meilleur ici – à faire de Black Coal un film important. _R.H.