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Birth

Central Park, en plein hiver. Un homme court, seul, infiniment seul. Bientôt, il s’arrête, se courbe, tombe. Il est mort. Le film se résume à ces premières images, à cette lumière froide qui baigne l’écran. Dès cet instant, on sait qu’il s’agira de mort et de solitude. Ainsi la lumière atone du début imprègne bientôt tout le film, s’infiltre dans les décors bourgeois, s’immisce dans les personnages, dans leurs gestes, dans leurs regards, dans leurs rapports… Jusqu’à recouvrir l’ensemble du film et finir par le pétrifier définitivement. Les scènes s’étirent sans rythme, prises dans une langueur qui se voudrait mélancolique, mais s’avère vite des plus fades. Les acteurs semblent perdus, enfermés en eux-même. La beauté froide de Nicole Kidman n’a jamais été aussi glacée… et vaine. Le deuxième film de Jonathan Glazer (Sexy Beast) est donc terriblement désolé. Désolé, mais pas désolant : il peine juste à susciter autre chose qu’une indifférence lasse, alors même qu’il cherchait à dépeindre les affres du deuil et évoquer la douleur de survivre à ceux qui nous ont quittés. De ce point de vue, le scénario, signé Jean-Claude Carrière, s’annonçait pourtant prometteur. Un enfant qui prétend être un homme mort dix ans plus tôt et qui s’oppose au remariage de la veuve ? Une absurdité dont d’aucuns auraient pu s’emparer avec fantaisie (Carrière a été scénariste de Buñuel), mais qui se fond, elle aussi, dans l’atonie générale. Un film sur le deuil doit-il forcément s’interdire toute vie ?C.L.