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Bird People

Huit ans après Lady Chatterley, Pascale Ferran revient avec un film cette fois éminemment contemporain. Partant d’un constat très basique, voire simpliste (en gros : on n’a jamais été si seuls que dans un monde où tout est techniquement fait pour nous connecter les uns aux autres), Bird People se déploie en rimes et en variations libres. Dans le décor unique d’un aéroport tout aussi métaphorique que le paquebot du Film Socialisme de Godard, on voit se multiplier des situations où la communication entre les gens est entravée par quelque chose (la distance, la position hiérarchique, la langue…) et oblige à recourir à une interface de transmission (interprète, écran, téléphone, avatar…). Le film inventorie ainsi tous les moyens par lesquels se relaient les informations et les sentiments, des plus high-tech (Skype) aux plus primitifs (le langage animal ou la somatisation). Mais à travers tout cela, il ne développe jamais un propos théorique. Au contraire, le film semble vagabonder en sautillant d’une idée à l’autre et d’une image à l’autre, flânant librement sans s’interdire aucune voie, que ce soit celle du réalisme ou de la fantaisie, de la contemplation ou du romanesque. Le parcours n’est alors pas exempt de longueurs ou de temps morts, mais le plus important reste sa capacité à nous surprendre et à véhiculer un regard dense et personnel, qui sait s’arrêter sur les plus petites choses du quotidien (une panne de métro, un moineau, une chambre d’hôtel…) pour en percevoir l’étrangeté, la drôlerie ou la beauté. En fin de compte, on pourrait dire que Bird People est le contraire d’un divertissement : il ne propose pas d’oublier la vie pendant deux heures, mais de continuer à vivre, penser, regarder, ressentir, rêver, en un peu plus fort. _N.M.