Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Belle Vie

Ils ne vont pas à l’école mais courent la montagne, plaisantent dans les alpages et les marchés de villages, se baignent nus dans les cascades, jouent avec leur chien… En apparence, Pierre et Sylvain mènent la belle vie, au grand air, sans contraintes. En liberté, mais délibérément cachés du monde. La perspective d’être retrouvés pèse sur eux et leur père, telle une épée de Damoclès. Pour ce premier long métrage, Jean Denizot s’est librement inspiré de l’affaire Fortin, du nom de cet homme qui, après avoir enlevé ses enfants à leur mère, avait, pendant plus de dix ans, partagé la clandestinité avec ses fils au fin fond des Pyrénées. Au cours du procès, en 2009, les deux adolescents l’avaient ardemment défendu. Un sujet stimulant – également abordé cette année par Cédric Kahn dans Vie sauvage, qui traite directement de l’affaire – que Denizot transpose sur les bords de la Loire, c’est-à-dire chez lui, pour raconter les derniers jours qu’un fils, le plus jeune, passe avec son père. Cette période coïncide avec sa toute première rencontre amoureuse et, auprès de Gilda, il réalise que la belle vie, finalement, c’est peut-être elle… De cette escapade au bord de l’eau découle un film très aimable, où les corps et la nature sont sublimés par la photographie et la musique, aussi envoûtante l’une que l’autre. En même temps qu’il évite de se prendre les pieds dans le tapis des clichés, Denizot évoque avec délicatesse l’éveil sentimental de son jeune personnage et dessine adroitement le portrait d’un père ambigu, aimant, manipulateur et parfois violent (il n’hésite pas à tuer un chien policier qui les a repérés). Enfin, il réussit à esquisser, en creux, celui de la mère, la grande absente. _M.Q.