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Beau Monde

Dès son premier long métrage, Bord de mer (2002), récompensé par une Caméra d’or à Cannes, Julie Lopes Curval s’est imposée comme une cinéaste sensible, délicate, subtile, tant dans le traitement de son sujet que dans sa direction d’acteurs ou la fluidité de sa manière de filmer. Douze ans après, ces mêmes qualités sont toujours là, mieux affirmées et plus affinées encore. Aucune esbroufe, aucune maladresse non plus, dans la mise en images, très travaillée mais tout entière au service du propos. Le scénario est d’une impeccable rigueur (voilà qui fait du bien !), menant de front l’ascension sociale d’Alice, son manque de confiance en elle, sa soif de créer, sa passion pour Antoine et sa fascination pour le “beau” monde de celui-ci. Un être fragile et fort, timide et déterminé à la fois, qui rappelle un peu le personage de La Dentellière de Claude Goretta, d’après Pascal Lainé, mais plus encore la Marie de Bord de mer. Le personnage d’Antoine n’est pas en reste, pétri de contradictions, se construisant en naviguant entre les pesanteurs socio-familiales et sa volonté de briller, encore immature, probablement sincère, tranquillement égoïste… Julie Lopes Curval a trouvé, pour les incarner, deux jeunes acteurs exemplaires, Ana Girardot (la série Les Revenants) et Bastien Bouillon (2 automnes 3 hivers), et a su leur faire rendre toute la complexité de leurs rôles. Et comme toujours dans ses films, poursuivant là une belle tradition du cinéma français, les seconds rôles, impeccablement distribués, sont riches et attachants. Mentions spéciales à Stéphane Bissot, naturelle et émouvante dans le rôle périlleux de la mère d’Alice, et Sergi López, inattendu en créateur de parfums chaleureux et tendre. _Ch.B.