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Bande De Filles

Pour son troisième film, Céline Sciamma a convoqué des “black panthères” façon banlieue française : quatre “diamants”, pour reprendre le titre de Rihanna, emblème moderne du (black) girl power, et “Dj” de l’une des meilleures scènes du film, parenthèse (en)chantée où les demoiselles, continuellement enfermées dans des clichés machistes, goûtent un instant de liberté. Leur énergie est au cœur de Bande de filles et à l’origine du projet de Sciamma. La cinéaste fait véritablement corps avec ses interprètes et excelle dans une mise en scène physique, organique, plantant sa caméra dans les yeux décidés de ses personnages, dans leurs bouches toujours trop grand ouvertes pour empêcher qu’on les musèle ou sur leurs bassins ondulant frénétiquement lors de battles libératoires. Ces filles doivent avoir la tchatche pour tenir à distance des garçons toujours prêts à bondir sur elles comme des vautours. Cette immersion dans la bande s’accompagne d’une réélle implantation dans les banlieues parisiennes, que Sciamma filme avec l’œil d’un architecte. Elle joue ainsi des espaces et des perspectives (les allées en escargot, les tours très hautes, les esplanades infinies) et offre une lumière saisissante sur ces vi(ll)es parallèles. Le film perd en revanche un peu de cette grâce dans son dernier tiers, plus centré sur l’émancipation de Marieme. La dissolution du collectif dans la trajectoire individuelle de la jeune fille fait apparaître les coutures du film, qui jusque-là évitait de peu la thèse ou le message. Les figures du caïd, de la prostituée et des petits dealers donnent alors à Bande de filles un côté “précipité de banlieue”. _Ch.R.