Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Ballistic

Wych Kaosayananda, le réalisateur, se fait appeler Kaos. Preuve qu’il est au moins lucide, vu le chaos qui a dû effectivement régner derrière la caméra. Car BALLISTIC brille non par ses scènes d’action, mais par son absence totale de parti-pris de mise en scène. Dès la première scène de « bataille urbaine », la caméra reste statique, sorte d’observatrice clouée au sol face au déchaînement gratuit de fusillades et d’explosions. D’autant plus gratuit, que, dans son énormité, il enlève toute crédibilité au traitement du monde de l’espionnage. Et nos espions dans tout ça ? Le duel Banderas – Lucy Liu, tant promis par le sous-titre du film (« Ecks versus Sever ») n’a en réalité pas lieu, leurs fêlures intérieures (ou leur marque de shampoing) ayant tôt fait de les rapprocher. Complètement livrés à eux-mêmes, les acteurs, hélas, ne cabotinent même pas. Lucy Liu ânonne sa première réplique au bout d’une demi-heure de film et se contente entre temps de petits mouvements de têtes saccadés, histoire de faire bouger ses cheveux et de rappeler « qu’elle le vaut bien ». Banderas, en pilotage automatique, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, c’est-à-dire des dialogues indigents au service d’un scénario incohérent et plat. Ici, ce flic dépressif est forcément accoudé au bar, avec une barbe de trois jours, le regard perdu dans la fumée de sa clope. La trajectoire « ballistic » se termine sans avoir rencontré le moindre trait d’humour, ni même un atome de ce ridicule qui fait parfois le charme des nanars.I.B.