Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Baal

L’écriture de Baal (1918-1919) avait été déclenchée pour Brecht par la lecture du Solitaire (Der Einsame) de Hanns Johst, futur thuriféraire du nazisme, qui fit le portrait du dramaturge Christian Dietrich Grabbe, coureur et alcoolique, mort à 34 ans en 1836. Dégoûté par la façon dont sa biographie était enjolivée, le jeune Brecht a rectifié en quatre jours le portrait jugé insuffisant et signé ainsi sa première pièce. Né des décombres de la guerre et de la haine de la bourgeoisie, Baal est un poète sans œuvre, en quête d’absolu. Dévorateur de femmes, brutal, taciturne, provocateur, corrupteur, assassin, homosexuel, anarchiste et soucieux de combler un vide existentiel, il cherche son miel dans le mal et brûle sa vie en la noyant dans le schnaps. Volker Schlöndorff transpose son Baal dans l’ambiance de révolte et de libération sexuelle de 1968, tout en restant fidèle à sa trame initiale : “face aux exigences et aux découragements d’un monde lui-même asocial, le personnage de Baal incarne la rébellion la plus excessive se condamnant par là-même à l’autodestruction”. Sous la forme de 24 vignettes, Schlöndorff déroule donc la vie dénuée de sens de ce poète maudit, dont Fassbinder tient le rôle-titre avec toute sa démesure, mais sans charme pourtant. Car ici tout est rude : montage hasardeux, personnages frustes, narration décousue, humanité bestiale. Le film, diffusé à la télévision ouest-allemande, effraya jusqu’à la veuve de Brecht, qui estima que les causes sociétales de la rébellion du personnage étaient insuffisamment expliquées. Il a ensuite disparu dans les archives pendant 40 ans. On peut donc se réjouir qu’il sorte aujourd’hui. Mais force est de constater, hélas, que Baal ne peut à présent intéresser qu’en tant que curiosité cinématographique. _N.Z.