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Aux Mains Des Hommes

Puisant son inspiration dans L’Idiot de Dostoïevski et dans la trilogie Paradis (Amour, Foi et Espoir) d’Ulrich Seidl, Katrin Gebbe a trouvé la matière de son premier film dans un fait divers particulièrement odieux. Sorte d’escogriffe blond, Tore subit un calvaire sadien : tour à tour battu, empoisonné, violé, torturé, il subit les sévices sans jamais douter. Son parcours évoque plus un chemin de croix qu’un parcours initiatique, et rappelle les aventures de l’héroïne de Justine ou les Malheurs de la vertu. On ne sait rien de son passé, de ses attaches. Il est juste là, tantôt espiègle – grand adolescent maladroit et innocent, prompt à s’amuser d’un rien, jeté en pâture à l’horreur du monde -, tantôt illuminé, persuadé que ses malheurs n’ont rien de fortuit et constituent autant d’épreuves que Dieu dresse sur son chemin. On découvre, en même temps que lui, le plan divin : il a été envoyé pour permettre à Sanny de trouver le courage de quitter, avec son frère, l’affreuse maisonnée. Si leur mère, Astrid, semble parfaitement dévouée à Benno (qui campe une figure du Mal absolu : violent, meurtrier et pédophile), on a un peu de mal à s’expliquer qu’elle participe à ses méfaits. Et l’on s’explique encore moins que leurs amis, Klaus et Cora, se laissent contaminer par cette folie meurtrière. Mais faut-il chercher ici un réalisme psychologique ? Peut-être vaut-il mieux accepter aveuglément la valeur allégorique de ce fait divers transformé en un curieux conte, dans lequel tous les adultes sont corrompus. Cauchemar absolu, Aux mains des hommes se veut “une interrogation sur le Bien et le Mal, la foi et l’idéalisme”. Une interrogation qui, en l’état, demeure sans réponse. _P-J.M.