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Au Nom Du Fils

C’est un de ces films que l’on aurait voulu aimer. Le sujet – la politique d’indulgence et de dissimulation de l’Église catholique vis-à-vis des crimes sexuels commis par ses employé(e)s – est audacieux, et le traitement provocateur : pas de pathos, mais un récit de vengeance qui tache. On aurait envie de jubiler devant ce défouloir anticlérical mêlant dénonciation justifiée et fusillades gratuites. Hélas, rien de tout cela ne fonctionne. Les dialogues et le jeu sont, dès les premières scènes, trop outrés et stéréotypés pour prétendre à un quelconque réalisme. Les Croisés de Pie XII, groupe de paramilitaires fanatiques fréquentés par le mari et le fils de l’héroïne, sont si caricaturaux qu’ils en perdent tout potentiel subversif. Plus tard, face à une mère dont le fils mineur s’est suicidé à la suite du comportement coupable d’un prêtre, l’évêque la provoque, l’accuse et insulte le défunt avec une grossièreté tout simplement extravagante. Or, le comportement aberrant du prélat sert justement d’argument au film : l’héroïne, bouleversée par les paroles ignobles d’un homme censé incarner les valeurs chrétiennes auxquelles elle a voué sa vie, lui fracasse la tête et s’empare du dossier contenant les plaintes restées sans suite contre des religieux du diocèse. Alors qu’on est prié de croire au drame de cette femme, les scènes de meurtre qui s’ensuivent sont clairement parodiques, avec baston et hémoglobine sur fond de musique enjouée. Ni réaliste (ce qui supposerait qu’il soit un tant soit peu précis quant au sujet de société qu’il prétendait aborder), ni franchement comique (et par conséquent crédible en tant que film de vengeance joyeusement décalé), le film perd sur tous les tableaux. _G.R.