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Arimpara

ARIMPARA débute comme un objet contemplatif, descriptif, ethnographique au service d’une histoire sans histoire, où l’on apprendrait tout de la culture du riz à une époque reculée et des rites religieux traditionnels d’une certaine caste indienne. De séquence en séquence, le film détaille très lentement, la vie familiale paisible de ce riche propriétaire irréprochable, bon père, bon mari, bon patron. Soignée et travaillée, cette première partie qui transmet un peu de cette paix et de ce bonheur est déjà, en soi, une réjouissance cinématographique. Aussi, lorsqu’il devient de moins en moins possible d’ignorer le grain de beauté du héros (c’est-à-dire lorsque le véritable sujet du film apparaît), le spectateur est définitivement conquis. Pour peu, bien sûr, qu’il apprécie le mauvais goût assumé avec lequel le réalisateur filme l’énormissime furoncle suintant et purulent qui causera la perte du héros. Causera sa perte ou le libérera de son ancienne vie ? Car, au fur et à mesure que le grain de beauté se développe, le film ethnographique devient allégorie (et rejoint ainsi la forme de son précédent film A DOG’S DAY). ARIMPARA prend ainsi une curieuse voie pour nous enseigner le dénuement et l’humilité, en démontrant (par l’absurde !) toute la tension des rapports entre tradition et modernité, opulence et indigence. Fable cruelle et mordante aux résonances lynchiennes, ARIMPARA s’avère donc, au final, être un petit bijou de drôlerie, de cynisme et d’impertinence.C.L