Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Araf

En turc, “Araf signifie” “purgatoire”, ce lieu où les âmes achèvent d’expier leurs fautes, bloquées entre le paradis et l’enfer. Et c’est dans une cité industrielle coincée entre modernité et tradition, entre Istanbul et Ankara, évoquant ces limbes, que vivent Zehra et Olgun. Ils travaillent dans un restaurant d’autoroute et ne songent qu’à s’évader d’une ville qui semble se refuser à les laisser partir. Alors qu’ils rêvent chacun du petit paradis qui, ailleurs, les attend, la rencontre de Zehra avec un routier mystérieux et mutique va les précipiter un peu plus vers l’enfer. La cinéaste turque Yesim Ustaoglu signe là une œuvre grave, au rythme lent et à l’atmosphère pesante, à l’image de son intrigue, tournant autour des thèmes de l’attente et de l’incertitude. Dans une ville froide et terne, où la pluie coule sur les vitres comme les larmes sur les joues, elle montre deux paumés se heurtant violemment à la réalité. Et, si Araf parvient parfois à fasciner, à la faveur de quelques instants de grâce témoignant d’une certaine poésie, le film, n’en est pas moins d’un abord assez rude. En effet, il déroute par son côté austère, statique, et par le manque de rythme de son récit, parfois décousu, voire elliptique, qui tient le spectateur dans un état de latence, d’entre-deux, pour lui faire éprouver (effet sans doute voulu par la réalisatrice) ce que ressentent les personnages. Ainsi la séquence, crue et grinçante, qui se déroule dans les toilettes de la clinique, a de quoi déconcerter, et n’aide pas le spectateur à savoir que penser du film, s’il l’aime ou le déteste. Une chose est sûre, cependant : il n’y reste pas insensible. _G.A.