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Après La Nuit

Chronique aride et presque documentaire de la violence quotidienne dans les bidonvilles créoles de Lisbonne, où la pauvreté ne laisse quasiment aucune chance à ses habitants de s’en sortir, Après la nuit se distingue malgré tout par un traitement poétique, voire parfois surréaliste, qui le dispense de s’en tenir à la description misérabiliste vers laquelle le sujet risquait mécaniquement de l’entraîner. Après quelques courts métrages remarqués, Basil da Cunha, qui réalise ici son premier long, témoigne d’une profonde empathie pour ses personnages. Celui de Sombra d’abord, sur lequel repose le film, anti-héros errant, jamais tout à fait aimable (la scène où il tente de récupérer son argent, en particulier, révèle une violence qu’on ne lui soupçonnait pas au début), mais que l’on prend néanmoins plaisir à suivre dans ses déambulations nocturnes. Ceux, ensuite, de la tante et de la petite fille, contrepoints légers ou émouvants à une noirceur qui, sinon, finirait par accabler le spectateur. Il en va de même des membres du gang, dont – on le comprend bien – la violence qui régit leur vie n’est que la conséquence de ce rejet par une bonne partie de la société dont ils sont victimes. Si Basil da Cunha a l’intelligence de ne pas vouloir asséner un message, son film n’en devient que plus politique. Pour autant, Après la nuit n’est pas exempt de maladresses (des dialogues parfois improvisés, ou pas toujours bien écrits) et de quelques longueurs, mais sa sincérité et sa spontanéité en font un objet attachant. Porté aux limites du documentaire, son côté thriller poisseux lui confère finalement une originalité à mettre au crédit d’un réalisateur dont on suivra avec attention la suite de la carrière. _D.N.