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Angelus

Le caractère éminemment insolite d’ANGELUS vient de la multiplication des partis pris d’originalité, tant sur la forme que dans le fond. L’esthétique du film, d’abord, se situe aux confins du théâtre, du cinéma et de la peinture. Les plans, presque tous fixes, sont composés comme des tableaux : ciels nuageux ou rougeoyants, jeux de lumière, paysages en arrière-plan rappelant des toiles peintes… On songe, par instants, à L’ANGLAISE ET LE DUC de Rohmer. Ces différentes « images » (séquences) sont dissociées les unes des autres comme des diapositives, grâce au montage. Chaque scène est campée dans un décor précis, qui, à la manière d’un plateau de théâtre, ne s’ouvre sur aucun extérieur. Devant cette forme étrange, on serait tenté de chercher du sens à la fable : celle-ci, pourtant, est tout aussi déroutante. L’histoire, entre mystique et second degré, fantastique et réalisme social, multiplie les pistes. On découvre ainsi, au milieu de personnages pittoresques lorgnant vers Kusturica, des communistes très réalistes ou un Hitler grand-guignolesque. Bien que la fable soit orientée vers une dimension (le Messie) qui se prête à une interprétation religieuse, il semble vain de vouloir à tout prix déchiffrer le « message » du film. Le parcours de ces sept hommes, ou simples, ou fous, ou normaux, à travers l’Histoire semble bien plutôt avoir été conçu pour poser les questions que pour y répondre. Mieux vaut peut-être se laisser intriguer par l’étrange expérience esthétique proposée par le film.P.N.