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Amours Cannibales

Amours cannibales donne le ton dès la scène d’ouverture : sans artifice ni détail superflu, la vision est aussi glaçante qu’envoûtante. Tout n’est que suggestion : une lumière délicate sur un corps nu, évoquant un tableau de maître, donne l’impression d’assister à un acte sacré. C’est en cela que réside l’ingéniosité du film : l’horreur demeure hors champ, ce qui rend la barbarie des actes d’autant plus forte. Un filet de sang qui coule de la table, un pied de femme inerte qui bouge au rythme des coups portés… Des plans qui en disent long sur l’impassibilité du personnage, et sur lesquels la caméra reste fixe. Amours cannibales est en cela une nouvelle proposition dans le registre du film de tueur en série : il ne s’agit pas de remettre en question les notions de bien et de mal ; le meurtrier a conscience de sa folie et vit avec, semblant répondre à un besoin vital (il se nourrit de la chair de ses victimes). Une atrocité devenue banale. Le film ne s’encombre pas d’intrigues secondaires ni de dialogues inutiles, chaque scène engloutissant lentement le spectateur dans ce quotidien macabre. Une réussite d’une grande sobriété, grâce au directeur de la photographie notamment, Pau Esteve Birba, récompensé par un Goya en 2014. L’élément perturbateur qu’est Nina, qui s’impose dans la vie de Carlos, ne fait qu’accentuer les zones d’ombre du personnage (qui semblent tout aussi impénétrables pour le spectateur que pour lui-même) : à peine celui-ci a-t-il eu le temps de découvrir une autre forme de désir que le récit lui impose de retourner à son schéma meurtrier et le condamne à son rôle de tueur anthropophage. _D.C.