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Amour Est Un Crime Parfait

Tirades explicatives, rebondissements artificiels, dénouement tire-larmes, femmes fatales et cadavres dans le placard (ou plutôt dans la crevasse) : l’histoire de ce professeur séducteur inquiété par la disparition de son étudiante/maîtresse reprend toute la panoplie du film policier balisé, quand bien même Arnaud & Jean-Marie Larrieu et leurs comédiens (Mathieu Amalric en tête) tentent d’y introduire quelque étrangeté. Pour autant, L’Amour est un crime parfait ne déçoit pas en tant que tel, mais à l’aune des attentes qu’il a lui-même su créer. Et c’est bien ce qu’il y a de fascinant chez les réalisateurs d’Un homme, un vrai ou Peindre ou faire l’amour : leur cinéma peut mener à tout, y compris à la déception, sans jamais rien perdre de son pouvoir de séduction. Les deux frères réalisent des films par essence imprévisibles, jouant sur une forme de suspense qui n’appartient qu’à eux : un suspense du seul instant, qui se traduit bien souvent par l’attention que les réalisateurs originaires des Pyrénées portent à des éléments aussi impalpables et mystérieux que l’évolution d’un paysage, le temps qu’il fait ou, comme ici, le retour du printemps. De cette permanente mise en tension, de l’orchestration patiente de ce qui est identique et pourtant déjà différent, ils tirent des récits susceptibles de s’ouvrir à tous les possibles, libres de basculer vers l’inattendu, l’incongru, l’absurde ou… le convenu. Délaissant leurs œuvres ouvertement en roue libre (comme Les Derniers jours du monde), les deux réalisateurs semblent s’assagir avec ce polar psychologisant. L’avenir dira s’il s’agit là pour eux d’une concession, d’une compromission ou d’une simple récréation. _C.L.