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Âmes Noires

Tourné dans l’un des centres névralgiques de la mafia calabraise, connue sous le nom de ‘Ndrangheta, le film de Francesco Munzi, adapté du roman éponyme de Gioacchino Criaco, se veut une tragédie au sens propre du terme, un engrenage funeste et irrépressible touchant, l’un après l’autre, les membres d’une même famille. Opérant en sourdine, se défiant de produire un éventuel morceau de bravoure (les exécutions sont un modèle de sécheresse), Munzi opte pour la veine d’un film noir, dans les codes duquel il finit par se raidir. L’histoire séduit lorsqu’il apparaît que la famille au cœur du récit est en vérité son propre ennemi, pour s’être engagée dans une logique d’autodestruction (de par sa foi aveugle en les codes de l’honneur, de par ses dissensions internes) ; qu’elle ne perd pas au petit jeu des vendettas meurtrières (“je tue ton neveu, tu tues mon frère”, etc.), lequel exige le décompte, un peu lassant à la longue, des victimes de part et d’autre – et ne peut par conséquent qu’essuyer une défaite totale, le récit s’achevant une fois le dernier de ses membres (masculins) éliminé. De même qu’intéresse l’alliance toujours déconcertante entre les vitrines urbaines du crime internationalisé (ici, Milan) et les foyers ruraux, toujours opérationnels, des familles mafieuses (ici, un patelin calabrais), où se règlent d’antédiluviennes rivalités… Dommage, dès lors, que la mise en scène, à vouloir éviter le moindre débordement, la plus petite afféterie, s’efface à ce point derrière son récit, et accouche d’une facture terne et plate. À trop vouloir jouer profil bas, Les Âmes noires s’engonce, paradoxalement, dans une réserve contrainte. Un film en habits du dimanche. _T.F.