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All About Albert

Depuis son premier film en 1996, Nicole Holofcener s’inspire de sa vie et de son quotidien pour raconter des histoires douces-amères, en prise avec leur époque. Après avoir cherché l’amour à 30 ans, questionné le couple et l’amitié à 40, ses personnages tentent aujourd’hui de refaire leur vie après un divorce. S’engager dans une relation amoureuse, la cinquantaine sonnée, est-ce possible ? Eva et Albert se lancent dans l’aventure. Cependant, un lent poison mine leur relation : Eva prête, plus qu’il ne le faudrait, l’oreille aux critiques que Marianne formule à l’égard de son ex-mari, dont elle comprend vite qu’il s’agit dudit Albert. Mais, plus que le verbe venimeux de Marianne, c’est l’immaturité d’Eva qui met en péril l’idylle naissante. Le quiproquo de départ est un peu mince pour nourrir tout un film. Holofcener a beau introduire des personnages secondaires intéressants, ils ne suffisent pas à étoffer cette comédie plus tendre que drôle. Émotions surlignées, situations trop explicites, Holofcener semble avoir perdu le sens de la nuance à l’œuvre dans Friends with Money, et la sensibilité féminine dont Walking and Talking faisait preuve. En vertu d’une pléiade d’acteurs d’une justesse admirable, le film vaut néanmoins le déplacement. Et, même si ces Stradivarius n’ont à interpréter que de la molle variété, le charme agit. Julia Louis-Dreyfus (ex-Elaine de Seinfeld) est impeccable et sexy. James Gandolfini (le pater familias des Soprano), disparu en 2013, confirme – après Welcome to the Rileys – sa capacité à tout jouer. Il prête sa carrure impressionnante à Albert, gros ours attachant, “qui ne sait pas chuchoter”. Un charme indéfinissable, une bienveillance, une finesse inouïe émanent de cette corpulence. Et voir à l’œuvre ce miracle de justesse vaut la peine. _I.B.