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Ali A Les Yeux Bleus

À l’origine d’Ali a les yeux bleus, il y a Frères d’Italie, documentaire dans lequel le cinéaste suivait de jeunes Romains d’origine étrangère, il y avait rencontré Nader, qui, pour s’intégrer, portait des lentilles bleues. Ce dernier lui avait avoué dormir dans la rue car ses parents étaient défavorables à sa relation avec une Italienne. De cette situation, le réalisateur tire aujourd’hui un film de fiction, mais à la lisière du documentaire, puisque Nader, ses parents, Brigitte, Stefano jouent tous leur propre rôle. Risqué, le pari fonctionne néanmoins. Chaque personnage est naturel et convaincant, en particulier Nader et Stefano, magnétiques. Ali a les yeux bleus relate la quête d’une identité : partagé entre les traditions de la religion musulmane et les coutumes occidentales de l’Italie d’aujourd’hui, Nader tente, malgré tout, de vivre comme il l’entend. Ainsi, tout est raconté du point de vue de l’adolescent. Son corps, sa voix, ses actions, déterminent la place de la caméra. Ce qui prime dans le film, c’est le dynamisme, le mouvement perpétuel, l’élan vital – et, par conséquent, l’attention du spectateur – que parvient, tout à la fois, à capter le cinéaste. En réalité, le film ne met pas en scène un cas particulier. Nader représente toute une génération pour qui l’intégration est problématique, d’où le titre du film, référence à un poème de Pasolini, dans lequel celui-ci prophétisait une société pluriethnique. Dommage, dès lors, que la narration soit à ce point chaotique, et s’essoufle peu à peu. Les jours se suivent et se ressemblent, dans une temporalité quasi-cyclique. Si bien que, plus le personnage de Nader stagne, incapable de prendre une décision, et plus grandit l’impatience du spectateur. _A.E.