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Alexandrie… New York

Il y a une certaine indécence à ériger un tel monument à sa propre gloire. Youssef Chahine n’avait jamais été aussi ouvertement nombriliste que dans cet autoportrait finalement très complaisant. Il se peint comme l’étudiant le plus surdoué de la terre et comme le cinéaste le plus adulé (du moins chez lui), bien que l’Amérique, après l’avoir reconnu à sa juste valeur en 1948, tarde trop à lui donner un Oscar. D’où son ressentiment, qui devient haine de l’Amérique. Il faut donc à la fois fustiger l’orgueil du cinéaste et aussi saluer sa franchise. Ceci dit, bien que tirant sur la longueur à cause des redondances et des circonvolutions introspectives, ALEXANDRIE… NEW YORK (biographie romancée venant après ALEXANDRIE… POURQUOI ?, LA MEMOIRE et ALEXANDRIE ENCORE ET TOUJOURS) coule tel un fleuve déchaîné, sans toujours se prendre au sérieux. Son scénario, habilement construit en différentes strates l’ancrant dans l’histoire (1948, 1956, 1972 et aujourd’hui), plaira à ceux qui aiment les comédies musicales orientales et qui sont troublés par la sexualité équivoque des films des pays homophobes. Et puis, entendre les Américains parler arabe le plus naturellement du monde, sur le campus de Los Angeles comme en plein cœur de Manhattan, donne au film un charme quasi surréaliste, unique en son genre. Enfin, il y a beaucoup de danse, le jeune double interprète étant un danseur étoile au Caire. Ces numéros sont réalisés avec une conviction propre à faire pardonner les chorégraphies hyper kitsch.M.B.