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Albert À L’ouest

Seth MacFarlane, dont on a pu apprécier l’humour référentiel et mal élevé notamment dans Ted, incarne ici un héros en total décalage avec son environnement. Dans un Far West sauvage et brutal, Albert dépareille en tout. Il n’élève pas de vaches mais des moutons, préfère le dialogue à l’affrontement et ne sait pas se servir d’un revolver. Son ami Edward détonne tout autant : fiancé à Ruth, prostituée très demandée, il attend gentiment qu’elle ait fini ses passes au saloon pour faire avec elle de romantiques promenades en carriole. Les dialogues et les situations fonctionnent sur ce hiatus permanent entre Albert, sensible, diplomate, spirituel, et un contexte fruste et violent. L’intrigue famélique n’est là que pour soutenir l’attention du spectateur entre deux séquences parodiques. À ce ressort comique fondé sur l’anachronisme s’ajoute un large emploi d’une vulgarité assumée dans les répliques et les gags. Selon l’humeur, on sera ou non client de cet étalage de blagues faciles et de grossièreté à la mode qui ressemble en définitive à un sketch peu inspiré du Saturday Night Live étiré sur deux heures. Tout ici n’est que prétexte pour MacFarlane, qui enchaîne les saillies drolatiques comme il le ferait pour présenter les Oscar. Son film fait par ailleurs montre d’un tropisme scatophile de mauvais aloi, et insiste sans vergogne sur les effets les plus racoleurs. Là où les Farrelly cisèlent en orfèvres du mauvais goût de mémorables séquences joyeusement régressives, MacFarlane ne fait qu’aguicher un public qu’il imagine sans doute peu regardant. Il devrait pourtant savoir qu’une scène de diarrhée, à l’instar d’un travelling, est affaire de morale. _G.R.