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Aimer, Boire Et Chanter

Troisième rendez-vous de Resnais avec l’univers du dramaturge A. Ayckbourn après Smoking/No Smoking et Cœurs, avec cette fois la complicité de L. Herbiet, A. Reval et, surtout, J-M. Besset, Aimer, boire et chanter, titre hédoniste d’une valse de Strauss (que l’on entend plusieurs fois dans le film), sera donc la pétillante sortie de scène du réalisateur. De scène, oui, puisque comme dans Mélo ou Vous n’avez encore rien vu, celui qui, à mesure qu’il avançait en âge, s’imposa comme le plus sérieusement ludique de nos créateurs de films, mêle ici cinéma et théâtre. L’œuvre originelle, avatar brillant et ironique du théâtre dans le théâtre, pièce de “boulevard” en trompe-l’œil – une spécialité du théâtre britannique (Pinter, Saunders) – offrait par ses contraintes tous les espaces de liberté possibles. Les paris les plus risqués (et réussis !) restent la stylisation des décors en vastes pans de tissus réalisés par J. Saulnier, et la fusion/confrontation du graphisme de Blutch, grand de la BD, avec la photo de D. Bouilleret, (re)créant un Yorkshire en trompe-l’œil plus vrai que nature. Certes, on pourrait dire que Resnais reprend des recettes qu’il avait déjà utilisées avec brio jadis (Mélo, Smoking/No Smoking) ou naguère (Vous n’avez encore rien vu), mais l’autocitation n’est-elle pas aussi l’apanage des grands ? Resnais a bien sûr réuni une partie de sa troupe, Sabine Azéma fait, très bien, du Azéma, André Dussollier étonne en improbable gentleman-farmer ronchon, Sandrine Kiberlain, la “nouvelle”, est épatante, tous excellent à en faire parfois, volontairement, un peu trop… Un bémol, quand même : les variations sur les 16 ans de Tilly lassent quelque peu ! _Ch.B.