Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Afrik’aïoli

Il y a quinze ans, le très provençal Christian Philibert nous offrait la chronique plus vraie que nature d’un village varois inventé, intitulée Les 4 saisons d’Espigoule. Ce vrai-faux documentaire, jugé sans qualités par beaucoup, est devenu un film culte pour ses thuriféraires de la première heure. Résistant à leurs sirènes qui lui réclamaient une suite, le réalisateur, prudent, a ensuite pris son temps avant de sortir un deuxième long métrage, Travail d’arabe, en 2003, pour répondre à leurs attentes. Partant, pour son troisième film, du postulat que l’on est toujours le Méridional de quelqu’un, il délocalise deux de ses personnages principaux au Sénégal, où ils nouent, non sans quelques incompréhensions initiales, une réelle amitié avec leur guide et ses proches. Plus fictionnel dans son écriture que Les 4 saisons d’Espigoule, qui jouait à fond sur le faux-semblant, cet aïoli sénégalais en reprend toutefois, partiellement, l’aspect documentaire fantaisiste. Les interprètes gardent ici aussi leurs propres patronymes et se coulent dans des rôles proches d’eux. En revanche l’argument de l’échappée belle entre copains, les rencontres orchestrées et l’évolution de la relation avec le chauffeur, adoubé troisième compère d’un trio “black-blanc-beur”, relève d’un scénario de comédie classique. Sans bénéficier de l’effet de surprise du canular d’origine, cette virée dans le sud – splendide – d’un Sénégal du quotidien recèle assez de spontanéité, de fraîcheur et de bonhomie pour faire oublier les quelques traces de “beaufitude”. Astucieux, le réalisateur traite à égalité les préjugés des uns et des autres. Malgré une mise en scène assez paresseuse, l’entreprise reste cocasse et sympathique. _M.D.