Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

African Safari 3d

Avant que leur survie ne soit définitivement mise en péril par la surpopulation et les changements climatiques, une expédition, dirigée par Kevin Richardson et Mara Douglas-Hamilton, se propose de faire découvrir au spectateur les grands animaux d’Afrique grâce un périple de 6 000 km à travers les immenses territoires protégés de plusieurs pays du continent. Des dunes de Namibie aux pentes du Kilimandjaro en Tanzanie, à bord de quelques jeeps et d’une montgolfière spécialement conçue par l’aérostier français Dany Cleyet-Marrel, l’équipe part à la rencontre des espèces encore menacées comme le rhinocéros noir ou le guépard, les grands fauves et pachydermes, lions, éléphants, hippopotames toujours sous surveillance. Tournage de nuit autour des points d’eau, caméra embarquée ou fixée sur les deux aventuriers, survol en ballon de sites exceptionnels, approche au plus près des animaux, le réalisateur Ben Stassen et ses assistants n’ont pas ménagé leur peine pour restituer au public la sensation de vivre en direct un époustouflant “safari-film”. Certaines séquences sont effectivement saisissantes par la beauté grandiose de la nature, comme ces visions du delta de l’Okango, “le fleuve qui ne trouve jamais la mer” ou celles des Victoria Falls irradiées d’arcs en ciel de lune ; d’autres le sont par une proximité rare avec les animaux, leur pelage, le grain de leur peau, leur souffle. Réalisé en 3D, parce que c’est à la mode et, reconnaissons-le, spectaculaire – surtout pour les plans rapprochés, moins pour les plans larges où cette technique modifie la perception des proportions – ce documentaire animalier qui s’annonce comme “le tout premier long métrage en 3D réalisé sur le monde sauvage animal” peine à convaincre. Il est même à vrai dire assez ambigu quand, dans son discours, il semble tenir davantage pour responsables des menaces sur les écosystèmes africains les populations ou braconniers locaux que les trafiquants d’animaux, chasseurs et autres pilleurs de ressources blancs auxquels il n’est jamais fait allusion. Quant aux deux “aventuriers”, Kevin et Mara, si leur longue familiarité avec les lions, pour l’un, et les éléphants, pour l’autre, leur confère sans doute une certaine légitimité, leurs commentaires n’apportent pas grand-chose sur le plan scientifique et manquent souvent cruellement de contenu et d’intensité. Leur expertise paraît relever davantage de la pratique médiatique et d’un marketing bien compris que de l’étude approfondie. Il faut dire, à leur décharge, que le doublage en français de leur propos – en raison du public largement familial auquel le film est destiné – est absolument calamiteux et empoussière la technologie novatrice dont se targuent réalisateur et producteurs. Pour conclure et au-delà de ces sérieuses réserves, la sensation de presque pouvoir toucher par instants ces animaux sauvages en liberté, et la majesté inouïe des différents paysages traversés, suffiront à ravir les plus jeunes. Mais la lecture ou la relecture du Lion de Joseph Kessel pourrait être, plus qu’un judicieux complément, une alternative ! _M.D.