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À Toute Épreuve

“Fais pas ta Roumaine”, “pas ta pute”, “salut les boloss”… C’est ainsi que se parlent les élèves du lycée Le Corbusier, dont même le proviseur y va d’un “surveillez-les, bordel”. Dès les premières répliques, le ton du deuxième film d’Antoine Blossier est donné. Après avoir commencé par un thriller (son premier long, La Traque, en 2010, avait reçu ici un avis “mitigé mais pas totalement déçu”), le réalisateur s’essaie à la (lourde) comédie pour ados. Il revendique comme référence l’un des films cultes du genre, La Folle journée de Ferris Bueller, du regretté John Hughes, qui révéla Matthew Broderick en 1986. Plus que le savoir-faire de Hughes, on retrouve surtout ici les poncifs et les personnages obligés du film de lycée américain : le gros bras borné, les blondes méchantes, les héros losers, la grosse soirée déjantée. Plaqués sur la réalité hexagonale, ils n’apportent pas grand-chose et étouffent plutôt la sincérité maladroite qui perce malgré tout. Car l’humour potache de Blossier, quand il survit à la vulgarité des échanges, fait parfois mouche. Sur la centaine de gags essayés, quelques-uns marchent. Mais cela sera-t-il suffisant pour faire exister À toute épreuve dans le flot des récentes productions françaises régressives telles Les Profs, 16 ans ou presque, ou La Vraie vie des profs… ? En tous cas, ici, point de stars bankables, mais un casting hétéroclite et inégal où se côtoient comédiens confirmés, issus de la télé (Valérie Karsenti), ancien rappeur (La Fouine) et jeunes comiques en ascension (Redouanne Harjane). Le duo de héros, quant à lui, rappelle Les Beaux gosses de Riad Satouff, dont manquent ici la finesse et la qualité d’écriture. _I.B.