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À La Vie

On sait, depuis son premier long métrage (Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes), l’ancrage autobiographique de l’œuvre de Zilbermann. On ne doute pas non plus de ses bonnes intentions, jamais prises en défaut, ni de sa volonté d’en découdre avec la question de la Shoah, qui sourdait notamment, çà et là, dans son précédent film, La Folle histoire d’amour de Simon Eskenazy. Le souci, c’est qu’il y a d’ordinaire chez l’auteur quelque chose d’un peu grinçant (reconnaissons que, dans le registre du chromo nostalgique, Les Fautes d’orthographe, ce n’est pas tout à fait Les Choristes) ou d’aimablement libertaire, et qui, toutes proportions gardées, pondère l’anonymat de sa mise en scène. Caractéristique qui semble ici disparue, du fait peut-être de la gravité – et de la proximité – du sujet : c’est en effet de sa propre mère, rescapée d’Auschwitz, que parle ici le réalisateur. On voit bien ce à côté de quoi passe À la vie : derrière l’avénement du maillot deux-pièces et les lampions colorés de la France des Trente Glorieuses, persiste l’ombre des camps (ici sobrement représentés, dans une brève séquence introductive) ; quelque chose n’en finit plus d’affleurer au premier plan, promettant de se révéler à chacun mais sans succès, ne pesant alors in fine que sur les seuls survivants. Mais Zilbermann n’arrive à produire qu’un petit tableau plan-plan des sixties naissantes, où le moindre capot de DS, la moindre mesure de twist sentent l’effort de reconstitution. Et où les personnages, eux aussi – la faute à des dialogues trop explicatifs – peinent à s’incarner. _T.F.