Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

A Girl At My Door

Que de possibles dégagés et de maturité affirmée dans ce premier film de la réalisatrice coréenne July Jung, qui aborde des sujets tabous en Corée : maltraitance, inceste, exploitation des sans-papiers, homosexualité… Chacun de ces thèmes peut, en soi, nourrir la matière d’un film. Or, ici elle choisit de les entremêler, sans jamais porter sur la société sud-coréenne un regard réprobateur ou dépréciatif. Elle semble plutôt préférer renvoyer chacun à sa fêlure, sa mélancolie, sa solitude physique et psychologique au sein d’une société normative, rigoriste, dévorée par la soif d’excellence et de réussite sociale en ville, par la sauvagerie dans les campagnes, et tenue par des convictions manifestement peu tolérantes quant aux choix sexuels. Le confucianisme, resté prédominant en Corée du Sud, structure encore un système de valeurs basé avant tout sur l’honneur et avec lequel les préférences de Young-nam entrent en contradiction. C’est en découvrant Dohee, si gracieuse et perdue dans sa propre souffrance, que la jeune commissaire se remet à vivre et à donner sens à sa présence ici, tant par le secours qu’elle peut enfin apporter que par le trouble ambigu que fait naître l’enfant, qui n’est pas non plus exempte d’une part d’ombre. Soutenue par le grand Lee Chang-dong (Poetry) à la production, July Jung sait assurément composer des plans et une ambiance. Sa maîtrise impressionne, même si cette composition peut sembler parfois un brin étouffante et s’appuyer sur des personnages secondaires frisant la caricature (le père alcoolique, la grand-mère sorcière…). _N.Z.