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96 Heures

Il est amusant de se rappeler que Frédéric Schoendoerffer, cinéaste accueilli au départ comme un espoir, avait, dans ses deux premiers films (Scènes de crimes et Agents secrets), affirmé sa singularité par une approche très réaliste du cinéma de genre. Car, aujourd’hui, le genre est resté, mais le réalisme est désormais ce qui fait le plus cruellement défaut à son cinéma. En effet, après l’injuste échec (public et critique) de Truands, Schoendoerffer semble avoir choisi la voie d’un polar industriel, paresseux et formaté, irrémédiablement voué à lui faire quitter le chemin des salles pour celui des premières parties de soirées de TF1. 96 heures démarre pourtant plutôt bien, avec un prologue assez tendu menant à une situation de départ prometteuse. Hélas, bientôt le récit s’embourbe, fait du sur-place (le rapport de forces entre les deux héros n’évoluant finalement jamais) et finit par partir dans le décor. Faute d’idée ou de propos, ce film démissionnaire accumule alors les cache-misère : faux suspense monté en neige à coups de rebondissements invraisemblables, tentatives navrantes visant à faire passer pour une mécanique diabolique un petit bricolage scénaristique bâclé, ajout de lignes narratives stériles (le personnage de Sylvie Testud fait tapisserie pendant les deux tiers du film, puis expédie sa contre-enquête en dix minutes avant de n’intervenir finalement que pour ramasser un revolver par terre quand tout est déjà fini…) et usage d’une grammaire audiovisuelle qui doit tout aux séries télévisées (françaises, faut-il le préciser ?) et rien au cinéma. Reste Arestrup, qui, dans un emploi pourtant plus que familier, réussit encore à impressionner par son magnétisme vénéneux. _N.M.