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71

Enfant d’expatriés français et fils de la BBC (on lui doit notamment la réalisation de la minisérie culte Dead Set et de plusieurs épisodes de Top Boy), Yann Demange signe un premier film propre et efficace, et qui consiste, en quelque sorte, en l’heureuse rencontre entre Shadow Dancer (James Marsh) et Bloody Sunday (Paul Greengrass). ‘71 dépeint donc le conflit nord-irlandais pendant la période dite des “troubles”, et alterne scènes de guérilla urbaine et complots de barbouzes british, trahisons et retournements de vestes. Le jeune Gary, un innocent, est envoyé en urgence sur le front irlandais : il n’y découvre que ruine et désespoir, lamentables machinations et jeux de pouvoirs, entre les protestants, l’armée britannique et l’IRA catholique. Car ‘71, c’est un peu un jeu d’échecs joué par des ivrognes, en l’occurrence les gradés britanniques qui, tentant maladroitement de faire attribuer une explosion à l’IRA, se prennent les pieds dans le tapis. Ils n’ont nulle vision à long terme, se contentent de damer le pion à l’adversaire, de manigancer pour le seul plaisir du geste. Un peu plus et l’on se croirait chez John le Carré… La mise en scène nerveuse de Yann Demange ne sombre jamais dans la complaisance et les vains effets de stylisation, ce qui est appréciable. Les scènes d’action, tout comme le scénario, sans ambages, fonctionnent parfaitement et ne laissent pas la place au moindre ennui, tandis que le cadre, un Belfast factice mais dévasté et fantomatique, distille une certaine angoisse. Enfin, s’il n’est pas évolutionnaire dans son approche, ‘71 a le mérite d’exposer l’un des devenirs possibles du film de guerre : le film de guérilla urbaine. _P-J.M.