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7 Jours, 7 Nuits

Caméra à l’épaule, vive, tremblante, nerveuse ; personnages pris sur le vif dans un Cuba en désolation : Joel Cano filme dans l’urgence pour conjurer l’urgence de la situation. Car son pays va mal. Sur le papier, sa démarche apparaît d’autant plus louable qu’elle tord le cou à l’image folklorique, romantique, anecdotique, que l’on se fait habituellement de Cuba. Une image héritée des brochures de voyages, forcément mensongères, auxquelles le titre (Sept jours, sept nuits) fait ironiquement référence. Une image véhiculée également par le cinéma lui-même, dont le trop beau et chantant Buena Vista Social Club est le plus illustre exemple. Le film veut ainsi s’attacher à détourner ces représentations, pour mieux dévoiler le vrai visage de l’île, c’est-à-dire une face sinistre, pauvre, désespérée, perdue. La femme serait-elle alors le seul avenir de l’homme ? Le réalisateur choisit de répondre en croisant les portraits de trois Cubaines, entre errance, résistance, et abandon. Sa réponse reste malheureusement figée au stade de l’intention. C’est que, pris dans l’urgence de son action et la nécessité de son témoignage, le film s’est paradoxalement imposé une écriture rigide. Les dialogues, les actrices, les cadrages, les situations… tout devient alors totalement artificiel, brisant net la participation du spectateur. Alors même que celui-ci était censé prendre part à la détresse du pays. Dommage, il risque d’en rester aux rythmes chaloupés de Buena Vista…C.L