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47 Ronin

Pour son premier long métrage, le vidéaste Carl Rinsch – gendre de Ridley Scott à la ville – s’est vu proposer les grands moyens : star (Keanu Reeves) et scénaristes (Chris Morgan et Hossein Amini) hollywoodiens, avec un budget de blockbuster. Or, le jeune cinéaste n’est clairement pas l’instigateur du projet, qui semble dès lors parti sur un malentendu : s’agit-il d’un film d’aventures (avec une part assumée de fantastique, qui n’est pas sans rappeler les Pirates des Caraïbes, et que souligne un peu plus l’utilisation de la 3D) ou d’un drame plus introspectif, sincèrement en prise avec la mythologie des samouraïs ? 47 ronin hésite perpétuellement entre ces deux directions. Et peine dès lors à se conformer aux attentes. À sa décharge, Rinsch exploite un scénario lui-même inégal, tiraillé entre la tentation du spectaculaire – la marque de Morgan, scénariste de tous les Fast & Furious depuis le troisième opus – et un classicisme éprouvé – l’œuvre d’Amini, auteur des scripts de Jude ou, plus récemment, Drive. Tel un équilibriste, le cinéaste jongle avec ces styles opposés, les accommode comme il peut pour offrir une cohérence au film. Il peut heureusement compter sur l’alchimie entre ses deux interprètes principaux : Reeves, égal à lui-même, et Hiroyuki Sanada. Le charismatique Japonais, vu dans Ring ou – inévitablement – Le Dernier samouraï, habite son rôle de samouraï déchu, prêt au sacrifice ultime pour laver l’honneur de son regretté maître. Et c’est justement lorsque 47 ronin, tournant le dos aux effets spéciaux, s’interroge sur la nature et la morale d’un samouraï que le film laisse enfin entrevoir sa puissance dramaturgique, hélas inexploitée… _Mi.G.