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2046

Il aura fallu à Wong Kar-wai quatre longues années pour parvenir à surmonter le succès d’IN THE MOOD FOR LOVE et concocter un nouveau film. À l’origine, un film de science-fiction intitulé 2046, qui au fil du temps a mué, s’est transformé à mesure que le projet du réalisateur évoluait. Réduire 2046 à une simple redite d’IN THE MOOD… s’avère forcément réducteur. 2046 partage avec son illustre prédécesseur la même sublime beauté plastique (Wong Kar-wai réaffirmant son goût pour les images extrêmement travaillées), mais se révèle autrement plus complexe. Le réalisateur tisse, au travers du personnage de Chow, un labyrinthe de pensées et d’émotions. Chow n’incarne pas seulement un point d’ancrage pour le spectateur perdu dans l’univers doucement nostalgique du film, il joue aussi un rôle de catalyseur émotionnel. Tony Leung (appuyé par l’envoûtante voix-off) compose un Chow parfait, transparent et déshumanisé en surface, mais profondément tourmenté par son amour déçu. Malgré son attitude, il arrive à susciter autant d’émotion que Zhang Ziyi en vibrante Bai Ling. Si les quelques scènes de SF apparaissent comme redondantes au premier abord, elles apportent vite un éclairage (visuellement exceptionnel) sur les fantasmes de Chow. Mais ce qui caractérise aussi 2046, c’est ce mythe de film inachevé qui l’accompagne, et cette impression qu’il possède une existence propre, en perpétuelle mutation. La bande-son étant également somptueuse, Wong Kar-wai a réuni tous les éléments pour faire un grand film.Mi.G.