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12 Years A Slave

En parallèle de sa carrière dans l’art contemporain (il représentait le Royaume-Uni à la Biennale de Venise de 2009), Steve McQueen s’impose comme un cinéaste majeur. Pour preuve, ce film qui a enflammé la presse américaine, et accumulé les récompenses (Golden Globe, Oscar…). Adaptation de l’autobiographie de Solomon Northup, 12 Years a Slave raconte le chemin de croix de cet Afro-Américain arraché à sa vie d’homme libre et exploité, douze années durant, comme esclave dans l’Amérique raciste d’avant la guerre de Sécession. La seule dénonciation de l’esclavagisme, avec son lot d’injustices et de scènes insoutenables, suffirait à faire de ce film le brûlot dont l’Amérique a besoin pour regarder son histoire en face. Pour autant, McQueen ne se laisse pas dépasser par la grandeur un peu écrasante de son sujet. Il s’en empare même avec force – ce que d’aucuns pourront lui reprocher, y voyant une forme déplacée de malice -, prouvant la singularité de son regard d’auteur, creusant davantage ses obsessions liées au corps comme refuge, à la fois lieu de résistance (comme dans Hunger) et d’aliénation (comme dans Shame). Même si ce film est de facture plus classique que les précédents, le réalisateur ne cesse de le réinventer plan après plan, trouvant à chaque fois la forme la mieux adaptée pour suggérer, dans un même mouvement, sens et sensation. Répétitif sans être insistant, implacable sans être démonstratif, 12 Years a Slave se dévoile en divers tableaux sensibles, déployant son récit comme un roman picaresque et composant des images puissantes dont la beauté cruelle évoque Goya. _C.L.